<i>"The Name of Our Country is América" - Simon Bolivar</i> The Narco News Bulletin<br><small>Reporting on the War on Drugs and Democracy from Latin America
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Narco News Issue #42

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La guerre de communication à Oaxaca

Le gouverneur Ulises Ruiz a perdu la guerre des média


Par Nancy Davis
Commentaires depuis Oaxaca

7 novembre 2006

Le gouverneur de Oaxaca, Ulises Ruiz Ortiz (URO) et ses petits amis du PRI luttent pour empêcher que la vérité soit mise à la portée du public et Narco News fait de son mieux pour permettre aux lecteurs du monde entier d’accéder à l’information. Finie depuis longtemps l’époque où URO pouvait prétendre : « Rien à signaler. ». Maintenant il affirme : « Le blocage ne concerne qu’un espace restreint. » ou « Il s’agit d’un groupe minoritaire. », dédaignant ainsi les rapports quotidiens de confrontation et blocages dans toutes les régions de l’état.


D.R. 2006 Latuff
De fait, la radio contrôlée par les forces du PRI, qui s’oppose à celle du mouvement de l’Assemblée Populaire (ironiquement il s’agit d’une station de radio pirate sans licence), a mentionné nommément Narco News. Le principe des appels d’auditeurs, imitation du programme de Radio Universidad, encourage les gens (« les citoyens ») à téléphoner pour faire part de leurs plaintes et opinions. L’un des programmes a été monopolisé par un auditeur se plaignant de ce que Narco News …publiait les informations. Les mêmes « certains citoyens » qui appellent de façon quotidienne pour se plaindre de la façon dont l’APPO bloque la circulation et leur cause préjudice de douzaines de façons différentes, de l’annulation des cours pendant des mois à l’impossibilité de collecter les poubelles.

La bataille continue de la radio et de la TV incluait la prise de la station de radio par le mouvement de l’Assemblée Populaire, la création de barricades, la perte de postes de professeurs et d’étudiants, la prise et la perte successive de la seule station de TV de Oaxaca, Canal Nueve, par un groupe de femmes de l’APPO armées de casseroles, toute une épopée des médias qui suit son cours à ce jour.

À ce jour, une station de radio soutenant l’APPO, Radio Universidad, continue d’émettre, ou plutôt a recommencé d’émettre après l’assaut lancé le 22 juillet par des mercenaires recrutés par le gouverneur. Une fois les programmes réouverts cependant, la radio a dû affronter deux attentats visant à la faire taire. L’un d’eux a été perpétré par la Police Fédérale Préventive le 2 novembre, journée maintenant connue comme le Jour de la Bataille de Oaxaca, où la population en est arrivé à défendre l’université autonome durant une lutte de 7h contre les gaz lacrymogènes, les aspersions d’eau additionnée de produits chimiques, et la police armée. La population, avec pour seules armes des cailloux et son courage les a repoussés.

Faire taire la radio n’a pas été possible par la force ; ni par l’assaut sur l’installation de l’université, ni par la destruction à coups de feu de l’antenne sur la colline du Fortín. Ces méthodes ont réussi une seule fois à faire taire la radio, mais d’une façon ou d’une autre, les étudiants l’ont reconstruite. Une autre attaque, celle du 4 novembre. Ce nouvel assaut a réussi à ouvrir une brèche, actuellement en passe d’être rebouchée par les techniciens, comme ils l’avaient déjà fait auparavant. Cependant, la capacité de transmission a été endommagée et ne couvre plus la totalité de la ville.

Quand l’assaut de l’université a échoué, les partisans du PRI ont déchaîné toute une campagne d’interférences sur les ondes du signal radio déjà affaibli. Ce type d’interférences avait déjà été utilisé contre les autres stations de radio quand elles se trouvaient entre les mains de l’APPO. Maintenant l’artifice est utilisé contre Radio Universidad. Le mouvement dépend de la radio pour réclamer de l‘aide (comme lors de l’attaque de l’université), pour les consignes aux barricades, pour aviser des coups de filet, des rencontres et des marches, en somme pour la communication logistique nécessaire au maintien de la lutte. Une fois encore, lundi matin, l’alarme était levée.

Un soutien cependant provient de Noticias La Voz de Oaxaca qui diffuse également des bulletins d’information par le biais d’une station de radio commerciale sympathisante, toutes les après-midi.

Il y a 5 mois, URO, avait déjà perdu, une fois pour toutes, la guerre des médias lancée par son prédécesseur, José Murat, lequel avait froidement tenté d’écraser Noticias, lors d’un conflit qui avait plus à voir, à l’origine, avec une hostilité privée entre les deux hommes d’argent qu’avec une affaire d’intérêts politiques. Murat avait préparé une série d’attaques, telles qu’une bruyante grève de travailleurs par des personnes qui ne travaillaient pas pour Noticias, et un raid sur les bâtiments de stockage des journaux. À ce moment, URO, qui succédait à Murat, avait dirigé l’attaque avec un coup porté à la nouvelle agence de presse (l’ancienne étant toujours occupée par les « grévistes », situation qui dure depuis deux années sans solution légale, puisqu’il n’est pas dans les intérêts d’URO de permettre une résolution du conflit). Le bruit court également que lui-même aurait organisé le deuxième raid sur les bâtiments de stockage des journaux.

Se faire un ennemi d’un éditeur de journaux n’est pas très malin et très certainement, Noticias, qui auparavant n’était pas spécialement encline à soutenir les mouvements sociaux, est maintenant la meilleure amie de l’APPO. Elle diffuse constamment des informations véridiques et fiables, ce qui désavantage URO.

Plus encore, Noticias vend en quantité ses journaux, parce que des milliers de professeurs veulent lire leur propre histoire et voir leurs actions en photos. URO a fait à son ennemi du pouvoir médiatique une immense faveur financière.

Juste après l’attaque du camp des professeurs, le 14 juin, est né un nouveau journal, « Tucán », lequel use du reportage photo avec d’impressionnantes images de l’attaque, de la contre-attaque, des douzaines de marches et des divers meurtres, incluant celui de Bradley Will. Toutes les photos s’élèvent en hommage au mouvement de l’Assemblée Populaire.

Le summum, c’est que la Jornada, le célèbre journal populiste de la ville de Mexico offre une couverture constante, utilisant des bulletins électroniques publiés sur le site internet de la Jornada pendant la nuit. Les nouvelles, parfois subversives, sont fidèles à la réalité, à la différence des principaux journaux tant au Mexique qu’aux Etats-Unis, lesquels présentent des reportages embrouillés, trompeurs et parfois faux, tels ceux publiés par l’ Associated Press.

En outre, des brigades de cameramen et de photographes de journaux nationaux et internationaux ont débarqué en renfort. Tout est susceptible d’être montré, et le PRI et URO n’ont plus un recoin où se cacher. Les acteurs locaux du mouvement se munissent également d’appareils photo et quand l’attaque couve, Radio Universidad lance un appel radial pour que tous amènent les caméras et appareils photo afin de fixer sur la pellicule les évènements, comme ils ont procédé lors de l’attaque du 14 juin sur le zocalo. Tout hélicoptère aperçu est photographié. La capacité d’URO à mentir concernant les possesseurs d’armes, les auteurs des coups de feu et leurs victimes est mise en échec; les vidéos et les photos font leur bonhomme de chemin sur le net, dans les bulletins d’information nationaux, internationaux et locaux, jusqu’à la rue, où les vidéos sont diffusées sur des écrans tendus sur des boîtes sur les trottoirs, pour que tous les passants puissent les voir.

Le lundi, le jour d’après la 6ème grande marche, les vidéos étaient diffusées tout du long de la rue piétonne, le long des bâtiments autrefois si fiers, qui attiraient les passants avides de shopping ou d’achats d’articles luxueux et dispendieux, bâtiments qui courent de l’église Santo Domingo jusqu’au zocalo. Les vidéos du mouvement sont réactualisées à chaque marche et à chaque bataille, mais la plus diffusée reste celle de l’attaque commise par le gouvernement le 14 juin.

Dans la zone piétonne, maintenant occupée par près de 3000 professeurs et autres partisans, fleurit tout un art de la rue, peintures sur les murs, graffitis, et même des tapis de sable coloré, traditionnels le jour des morts. Slogans et étendards ornent le front des boutiques et sur la place Santo Domingo sont représentés des fantômes en mémoire des partisans assassinés, avec un grand pistolet d’où jailli un sang écarlate fait de rubans et le nom d’URO. De façon générale, les gens font référence à URO comme à un assassin.

Si vous aimez la musique, vous pouvez aussi vous la procurer. Des centaines de CD faits maison chantent les refrains du mouvement et des luttes populaires des années passées, des grèves des professeurs aux grèves des travailleurs Péruviens. Les vieilles chansons comprennent « Casas de cartón », « ¿De dónde son los cantantes?», « Las barricadas», « Venceremos » (« Maisons en carton », « D’où viennent les chanteurs? », « Les barricades », « Nous vaincrons »). Les plus récentes, des ballades, racontent l’assaut contre les professeurs sur le zocalo sur le thème de « nous en avons assez de ce gouverneur ».

Les musiciens de Oaxaca continuent seulement de les écrire et de les chanter. Cette énorme avalanche de créativité et d’organisation dépeint le mouvement dans toute sa réussite et dénigre ouvertement URO, un homme méprisé et incapable de gouverner.

URO a perdu la guerre des médias et les sondages montrent maintenant que même son propre parti, le PRI, veut l’expulser de Oaxaca.

Traduccion Vero

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